C'est compliqué de systématiser le dessin de Maleev, vu qu'il l'adapte ŕ chaque projet. Dans le cas de Scarlet, il poursuit ce qu'il a installé depuis le début du titre (qui remonte quand męme ŕ dix ans) et qui repose sur un emploi du texte trčs particulier (on passe sans transition des dialogues aux apartés de Scarlet. Et cet épisode semble construit comme un flash-back centré sur un perso secondaire, mais qui a commis un acte terrible ŕ la fin du précédent numéro). Maleev, c'est d'abord ça, un type qui expérimente beaucoup, donc qui prend le risque de déconcerter. Mais il peut se le permettre car il a un vrai bagage (c'est un dessinateur diplômé d'une école d'art, qui a étudié les grands maîtres de la peinture, etc). Par ailleurs, quand on lit les quatre séries Jinxworld actuellement publiées, elles se distinguent toutes par des parti-pris graphiques trčs forts, des dessinateurs qui bousculent le média (Gaydos, Mack, Oeming, Maleev).